Encadrement en hêtre teinté blanc, verre anti-reflet
131 x 114 cm
151 x 126 cm encadré
151 x 486 cm encadré (tryptique)
Murmuration aux cent sonnets, 2023 (Dessin droit)
With this large triptych, Jean Bedez embarks on a new series, a new cycle of drawings, focusing on birds and the phenomenon of murmuring clouds, particularly those formed by starlings, which are well known for this. He continues to explore monumental architectures with strong political and symbolic value. Following on from his earlier series on sport, he has chosen a stadium as the setting. While the stadium here has an archetypal value, for this drawing he drew inspiration from London’s Emirates Stadium, where Arsenal play, built in 2006 in North London. A cloud of starlings swirls and forms a giant wave in the stadium, echoing past rumors of the stadium. The theme of the living reinvesting dehumanized places is echoed here.
The title of this work refers to Boris Vian’s poem from his early collection Cent Sonnets, 9 of whose 112 poems are dedicated to starlings:Sansonnets, “Who can love the sansonnet? C’est un oiseau sans politesse, Il a malgré sa petiteesse, La binette près du bonnet 9”, and the ballad-like Légende du sansonnet et de l’estourneau. The reference to poetry also allows us to conjure up dance and music, an aerial ballet of murmurs.
Murmuration: This phenomenon is better known by the English name murmuration, but is also known as aggregation in French. It defines a gathering phenomenon that occurs when several hundred or even several thousand individuals form an incredible opaque cloud in the sky. Through this phenomenon, he looks at the notion of proxemia (proxemia is the relationship that individuals have with distance in all its aspects (physical distance, perceived distance, representations of what is near or far) and in particular the sociable collective nature of this animal: these birds would function as a single organism and would be interconnected, each reacting to the behavior of its seven closest neighbors. There would be no leaders, and the size of the swarm would be irrelevant. Each bird reacts to the movements of its nearest neighbors almost instantaneously. The result is a ripple effect through the mass. The movement becomes progressive throughout the group, like a domino effect for perfect synchronization. No matter how many birds there are, the choreography is perfectly synchronized. Starlings vocalize with whistles and chirps, but they are also great vocal imitators. They can imitate many other bird species.
What determines the emergence of these elementary forms of sociality? Why do living organisms tend to aggregate? What’s interesting is that a group needs to be in a particular collective state for information to spread. We can observe this type of effect in humans with the formation of networks resulting from new technologies, intensifying interactions within a population. Of course, we can’t help but see a parallel with the phenomenon of supporters’ clubs and their interventions during a match, which form a human wave that sings, they seem to form a single organism with the same energy.
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Avec ce grand triptyque Jean Bedez engage une nouvelle série, un nouveau cycle de dessin en s’intéressant aux oiseaux et au phénomène des nuées dit murmuration, notamment celle que forme les étourneaux, bien connus pour cela. Et il continue d’explorer des architectures monumentales à forte valeur politique et symbolique. En prolongeant de plus anciennes séries où il s’intéressait au sport, il a choisi de prendre comme cadre un stadium. Si le stade ici à une valeur archétypale, pour ce dessin, il s’est inspiré du Emirates Stadium de Londres où joue Arsenal, construit en 2006 au nord de Londres.
Un nuage d’étourneaux virevolte et forme une vague géante dans ce stade faisant écho aux rumeurs passées du stade. On retrouve en effet ici le thème du vivant réinvestissant les lieux déshumanisés.
Le titre de cette oeuvre fait référence au poème de Boris Vian tiré de son recueil au Cent Sonnets, recueil de jeunesse, dont 9 poèmes sur les 112 sont consacrés aux étourneaux :
Sansonnets, « Qui peut aimer le sansonnet ? C’est un oiseau sans politesse, Il a malgré sa petitesse, La binette près du bonnet 9», et la Légende du sansonnet et de l’estourneau en forme de ballade. La référence à la poésie permet aussi de convoquer la danse et la musique, ballet aérien de murmures.
La murmuration : Le phénomène est plus connu sous le nom anglais murmuration mais est désigné agrégation en français. Cela défini un phénomène de rassemblement qui se produit lorsque plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’individus forment un incroyable nuage opaque dans le ciel. A travers ce phénomène, Il s’intéresse à la notion de proxémie (la proxémie est la relation que les individus entretiennent avec la distance sous tous ses aspects (distance physique, distance perçue, représentations de ce qui est proche ou lointain) et notamment le caractère collectif sociable de cet animal : ces oiseaux fonctionneraient comme un seul organisme et seraient reliés entre eux, chacun réagissant au comportement de ses sept voisins les plus proches. Il n’y aurait aucun leader et la taille de la nuée n’aurait aucune incidence. Chaque oiseau réagit aux mouvements de ses voisins les plus proches et de manière quasi instantanée. Il se produit alors un effet d’ondes à travers la masse. Le mouvement devient progressif à l’échelle du groupe comme un effet domino pour une parfaite synchronisation. Peu importe le nombre d’oiseaux, la chorégraphie est parfaitement synchronisée. Ces étourneaux vocalisent par des sifflements et des gazouillis mais ils sont aussi de grands imitateurs vocaux. Ils peuvent imiter plusieurs autres espèces d’oiseaux.
Qu’est-ce qui détermine l’émergence de ces formes élémentaires de socialité ? Pourquoi cette tendance du vivant à s’agréger ? Ce qui est intéressant, c’est qu’il faut que le groupe se retrouve dans un état collectif particulier pour que l’information se propage. On observe ce type d’effet chez l’homme avec la formation des réseaux issus des nouvelles technologies, intensifiant les interactions au sein d’une population. Évidemment on ne peut s’empêcher d’y voir un parallèle avec le phénomène des clubs de supporters et leurs interventions pendant un match, qui forment une vague humaine qui virevolte, chante, ils semblent ne former qu’un seul et même organisme dans une même énergie.